REPONSES AUX OBJECTIONS

« Il n’y a pas eu suffisamment de concertation… »

FAUX. Le processus de concertation au sujet d’une opération d’aménagement répond à un certain nombre de règles légales minimales. La Ville d’Aix a volontairement choisi d’aller bien au-delà du processus habituel afin d’offrir une très large et longue phase de concertation publique.

Elle a ainsi organisé 6 réunions publiques d’explication et d’échanges avec les techniciens, les experts, les élus, les habitants,  le Comité d’intérêt de quartier de La Constance, les associations,  et les opposants systématiques. Elle a eu plusieurs réunions de travail avec le CIQ et les riverains. Elle a largement communiqué dans la presse et divers supports pour informer la population. Toutes les pièces du projet et des registres ont été mis à disposition, au Service de l’urbanisme de la Ville, à la Mairie annexe du Jas de Bouffan, et même dans l’espace public de la SPLA Pays d’Aix Territoires.

La ZAD de La Constance a été approuvée par le Conseil municipal d’Aix en 1996, sous la municipalité de Jean-François Picheral et à l’unanimité des élus et groupes politiques représentés. La ZAD a été créée par arrêté préfectoral en juin 1996, modifié en 1997.

La Ville d’Aix-en-Provence s’est donné le temps de la réflexion et de l’approfondissement du projet. Des études de faisabilité ont été conduites au début des années 2000, des terrains ont été achetés afin de renforcer la maîtrise foncière du périmètre. En 2009, sous la municipalité de Maryse Joissains Masini,  le Conseil municipal d’Aix identifie le secteur de La Constance au sein de la ZAD, comme « secteur à enjeux majeurs ». Une centaine d’hectares est concernée. C’est seulement en 2012 que la Ville confie à sa SPLA, l’élaboration du projet et en mars 2013 qu’elle fixe les objectifs du projet d’aménagement et les modalités de la concertation publique. Aucune précipitation donc dans cette opération, mais une décennie d’études, d’évolutions, de réduction des ambitions initiales afin de répondre au mieux aux exigences de la politique de logement et de développement économique, tout en préservant le plus possible l’environnement et en adoptant les principes d’un quartier durable.

« On n’écoute pas les habitants… »

FAUX. Le projet a été développé avec les riverains, avec les propriétaires fonciers, avec  le Comité d’intérêt de quartier de La Constance, avec la Mairie annexe du Jas de Bouffan. Toutes les personnes directement concernées ont été associées en amont et leurs demandes ont été prises en compte. Dès l’ouverture de la concertation publique, l’ensemble de la population a été invité et informé par voie de presse, internet, affichage et autres moyens de communication. Les réunions publiques d’information organisées par la suite ont parfois donné l’impression d’être confisquées par un petit groupe d’opposants radicalement opposés au projet et refusant toute possibilité d’amendement ou d’évolution des options envisagées par les élus,  les urbanistes et les  techniciens en charge.

Pour autant, le dialogue souhaité par la ville a permis de rassurer, de préciser, de compléter les études (en ce qui concerne la qualité de l’air et le bruit notamment), de diminuer le périmètre d’intervention au strict nécessaire, d’envisager l’association d’écologues et des grands experts reconnus de l’œuvre cézanienne à l’élaboration de parcours paysagers didactiques autour du Père de la peinture moderne.

« On bétonne la campagne aixoise… »

FAUX. L’opération de La Constance est située au plus près de la ville et concerne un secteur de déprise agricole sur lequel il n’existe plus d’exploitation agricole depuis bien longtemps. C’est aussi un secteur où il existe de l’habitat épars, des activités sportives et de nombreux terrains vagues aux portes du Jas de Bouffan. Sur le périmètre d’intervention, réduit au terme de la concertation à moins d’une centaine d’hectares, seul un tiers des surfaces sera concerné par la construction de logements et  d’équipements publics. Le futur quartier sera marqué par le souci d’une véritable intégration  paysagère. L’ensemble des massifs boisés existants sera préservé, de même que la ripisylve du ruisseau de La Thumine. La propriété centrale de La Constance sera conservée afin d’offrir un cœur vert au quartier, tandis que les bordures du quartier resteront boisées et qu’un talus paysager sera aménagé au nord en écran de l’autoroute.

« Le site de La Constance est enclavé et rend impossible son urbanisation… »

FAUX. Aujourd’hui presque coupé du reste de la ville par les autoroutes A8  et A51, le secteur de La Constance est pourtant potentiellement essentiel à la liaison entre quartiers ouest et sud-ouest. Voilà pourquoi, le projet a aussi pour raison d’être de réaliser la voie indispensable permettant de contourner la ville par l’ouest et de relier Jas de Bouffan, La Beauvalle et pôle de La Pioline. Cet axe est une nécessité pour la cohérence des voies de circulation à Aix et pour fluidifier certains axes de circulation périphériques. Du fait de cette voie le secteur ne sera donc plus enclavé. D’autres voies tertiares seront aménagées et une politique volontariste de transports en commun et de modes de déplacements doux sera privilégiée, dans l’esprit d’un quartier durable.

« La ZAC de La Constance est superflue. Il faut construire à la place la ville sur la ville »…

DEMAGOGIQUE. Principe urbain bien connu, le choix de construire la ville sur la ville prévaut chaque fois qu’il est possible dans les politiques d’urbanisation. La réalisation du quartier de Sextius-Mirabeau en cœur de ville d’Aix et la possibilité donnée chaque fois que possible aux propriétaires de renforcer la constructibilité dans les secteurs déjà urbanisés est une nécessité et une évidence pour renforcer l’usage des équipements publics déjà réalisés et réduire les déplacements. Mais, croire aujourd’hui que construire la ville sur la ville répond à la question du logement à Aix est complètement décalé, anachronique. Car Aix est une ville dynamique et attractive, pas un chef-lieu de canton de département rural. Les besoins en nouveaux logements sur Aix sont désormais de 700 à 800 par an ! Il n’est pas sérieux de penser répondre à ce défi par un ou deux étages supplémentaires de maisons individuelles du centre-ville et il n’est pas tolérable de vouloir bétonner les espaces verts existants pour y construire. Les quartiers pavillonnaires, de même que les grandes zones vertes du Jas de Bouffan ne doivent pas disparaître car elles contribuent à la qualité de vie même des quartiers concernés et de la ville d’Aix tout entière. L’urbanisation d’Aix, du fait des massifs protégés de Sainte-Victoire, du Montaiguet, de Puyricard, ne peut globalement s’effectuer que vers l’ouest de la ville. Le quartier de La Constance répondra donc en partie (avec La Duranne et les villages)  à la croissance démographique de l’agglomération  pour les deux prochaines décennies. Il contribuera aussi à freiner la spéculation immobilière et les tarifs toujours plus hauts du logement dans le Pays d’Aix.

« Le projet ne prend pas en compte les sites cézanniens… »

FAUX. Le projet, dès son origine, a pris en compte les sites cézanniens les plus remarquables. Il prévoit la préservation totale des perspectives et propriétés des bastides peintes ou fréquentées par Paul Cézanne. Montbriand, à l’extérieur du périmètre, Bellevue et son célèbre pigeonnier, Bastide Vieille enfin, reconnaissable sur plusieurs tableaux du Maître aixois.

Le projet va plus loin, et a opté, dès l’origine des études de faisabilité pour la prise en compte de perspectives lointaines ouvertes vers la Montagne Sainte-Victoire d’une part, vers Le Pilon du Roy d’autre part. Ce faisant, exemple rare dans une opération d’aménagement, le projet de La Constance neutralise des cônes de vues qui traverseront de part en part le quartier, créant des espaces de promenade, de respiration et de pédagogie qui pourraient être mis à profit pour aider à mieux connaître l’oeuvre de Paul Cézanne.

La Direction du Patrimoine de la Vile d’Aix a identifié les sites les plus remarquables du secteur et s’est appuyé pour cela sur l’expertise des meilleurs connaisseurs de la vie et de l’œuvre de Cézanne.

« La bastide Lou Deven est le fleuron du patrimoine de La Constance ».

FAUX. Lou Deven n’est pas une bastide, ce type de construction répondant à des critères architecturaux stricts propres au XVIIIème siècle aixois. Lou Deven est une maison de campagne construite à la fin du XIXème siècle par la famille Milon (sans doute sur les ruines d’une ancienne ferme dont les archéologues pourraient trouver des traces à l’’occasion d’un chantier de fouilles préventives). La bâtisse a subit de plein fouet au début des années 1970 le passage d’intérêt national de l’autoroute A8. Dès lors, la propriété est devenue quasi-inhabitable, à cinq mètres à peine des voies de circulation et sa dégradation fut progressive. Elle est aujourd’hui en partie ruinée et ne permettrait que très difficilement un sauvetage (très onéreux) que sa dimension patrimoniale ne justifierait pas.

La bâtisse ne présentait pas à l’origine de caractère particulièrement remarquable, mais elle fut habitée par le peintre Joseph Milon qui y a peint de nombreux tableaux. En revanche, selon les sources familiales elles-mêmes, Cézanne n’a jamais séjourné dans la maison ou sur la vaste propriété, car les familles Milon et Cézanne ne s’appréciaient pas.

Le patrimoine de La Constance a fait l’objet d’une recension complète. Trois sites majeurs ont été identifiés (Bastide Bellevue, Bastide Vieille, Tunnel ferroviaire du Pas de Goule). Deux autres bastides méritent l’attention (Bastide La Constance et Bastide Val Rose).

Le site de Lou Deven est en revanche un site intéressant qui domine le plateau de La Constance et offre une belle vue au sud vers Le Pilon du Roy.

« Le Pôle numérique de La Constance doit se faire ailleurs»…

IRRESPONSABLE. Le Pôle numérique de La Constance (Label French Tech) va permettre de contribuer à créer une petite Silicon Valley provençale. Dans une parfaite cohésion, les villes d’Aix et Marseille, les agglomérations du Pays d’Aix et de Marseille-Provence et les acteurs économiques locaux sont parvenus à s’entendre pour boucler en quelques mois le dossier essentiel pour l’avenir du territoire d’un Pôle numérique reposant sur quatre piliers locaux, deux marseillais Château-Gombert/ La Belle de Mai et deux aixois La Constance/Le Tourrillon. Cette action commune a été décisive pour l’obtention du Label national French Tech qui va permettre à l’économie numérique de la région d’Aix-Marseille  de bénéficier d’une visibilité internationale. Or ce secteur de l’économie lié aux nouvelles technologies est  vital pour réussir le prochain virage du développement économique mondial et créer de l’emploi au cours des prochaines décennies. Les starts-up aixoises et marseillaises qu’il va rassembler sur ces quatre sites ont bien souvent des croissances à deux chiffres ! L’e-economie est une chance extraordinaire pour la jeunesse du territoire : deux projets de campus de formations  sont d’ailleurs intégrés dans l’opération aixoise de Pôle numérique. Mais dans ce type d’évolution technologique, tout va très vite. Ceux qui refusent ou voudraient,  pour des raisons politiques, faire obstruction au projet d’intérêt général du Pôle numérique de La Constance, prendraient une énorme responsabilité. Dans l’e-economie, la concurrence est mondiale et les enjeux sont colossaux. Hors du Pôle numérique de La Constance, il n’y a pas de site aixois possible dans les délais de procédure habituels. Le temps perdu ne se rattraperait plus, d’autant que  les entreprises concernées sont déjà courtisées pour s’installer dans d’autres régions…